Pour une postcroissance décarbonée, dépasser l'anthropocène

En 2022, l’obligation de diminuer drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre, majoritairement CO2, est devenue claire pour tous. Voyez cette minute d'info par Nicolas Chateauneuf (merci France2) !

À quel rythme ?... il y a débat…

Beaucoup ferment les yeux en ne voulant pas de

décroissance,    si effrayante pour l’humanité à leur avis.


Nous préférons appeler à la postcroissance décarbonée.

 

Mais comment y sera notre vie, notre société, notre joie ? Décrivons en quelques lignes :

Globalement la croissance de nos cinq sens : ouïe, vue, odorat, toucher et saveurs ! Donc augmenter nos budgets musicaux, muséaux, de lecture, de parfums et forêts, de restaurants, cuisine et boissons de qualité.

Nous prendrons plus de plaisir à « aller » dans un lieu sublime par les pérégrinations du voyage train & bus & correspondances diverses, plutôt que de s’y téléporter sans préliminaires, lesquels préliminaires sont essentiels dans les recherches documentaires dans la médiathèque locale qu’il faudra renforcer.

La croissance végétale sera essentielle, pour le plaisir mais aussi l’absorption de carbone. Prendre soin des plantes sur le balcon ou le jardin, solliciter les jardins partagés qui seront démultipliés, imaginer des lieux publics de comestibles et fleurs, planter des haies chez les éleveurs paysans, proposer des microforêts dans les dents creuses urbaines. Savourer l’abondance de fruits et légumes sans chimie pétrolière.

Croissance des partages et échanges, avec les cafés-philo, les cafés-bricolage, les cafés-couture, les cafés-recyclage, organiser des championnats de jeux, de lettres, de cartes, de stratégies (comme le démontre Rob Hopkins). Développer des ateliers d’écriture et de l’auto-édition.

Faire croitre les chantiers de rénovation de bâtiments, des chantiers d’archéologie, des chantiers d’histoire, des chantiers de parcours à bicyclettes.

Développer des festivals locaux , construire des salles de spectacle comme le projet Utopia à Troyes, illustré ici :

...créer des fermentoirs (boulangerie-brasserie avec choucroute kefir kombucha), électrifier des bicyclettes pour nos aînés, construire des stations photo-hydrogène pour les tracteurs des paysans qui nous nourrissent.

Se marrer avec des histoires comme « -Pourquoi pleures-tu comme ça ? –c’est papa, il s’est tapé sur les doigts avec le marteau… -ce n’est pas triste, tu devrais plutôt en rire ! –c’est ce que j’ai fait, snif ! »

Verdir la ville, planter des arbres, des fruitiers, élever des animaux de trait pour faciliter les déplacements et les travaux agricoles ou d’intérêt général.

Organiser et animer des écoles de postcroissance.

Fabriquer ses vêtements et participer à des ateliers de cosmétiques et produits d’entretien.

Développer les cercles d’échange phyto-médical et d’herboristerie, y compris la production de dix à vingt plantes indispensables pour la bonne santé.

Participer aux chorales et groupes de comédie.

Croissance des responsabilités...

La postcroissance ne parle pas beaucoup d’argent, mais on remarque que les besoins de base sont assurés sans beaucoup de moyens, il faudra payer les maraichers et éleveurs, certains travailleront deux ou trois jours par semaine pour produire les vêtements et chaussures et fournitures et services, d’autres feront du troc, ce pourrait être un peu comme le confinement mais sans contrainte d’isolement, au contraire.

La postcroissance décarbonée aura été obtenue grâce à un mécanisme des plus simples, le rétrécissement très progressif du quota carbone de chacun qui amène les entreprises à être neutres en carbone par l’obligation pour leurs fournisseurs. C’est décrit dans le principe de www.comptecarbone.cc : chacun sera informé (au fur et à mesure de ses dépenses) de son reste en carbone et chacun va anticiper pour réduire son empreinte carbone ! à raison de 6% par an, le passage de 9t en 2022 à moins de 2t en 2050 sera sans douleur. Il lèvera l'angoisse et proposera ce nouvel enjeu de postcroissance...

Une bonne opportunité de changer de voie, comme le propose Edgar Morin...             


Une question : pourquoi pas la décroissance ? mais si, relisez Timothée Parrique, il démontre que l'état d'équilibre que sera la postcroissance adviendra quand nous aurons su mener une transition, un ressaut, un changement drastique, qu'il nous faut bien appeler décroissance. C'est par exemple ce que propose en "décroissance soft" le mécanisme de compte carbone décrit sous Wikipédia . Réduire de 6% par an notre consommation carbonée, tout confondu... cela reste supportable, un steak de moins par quinzaine, ou un plein de voiture de moins par mois.